Je préfère le dissensus dur au caramel mou

Je préfère le dissensus dur au caramel mou
Medusa – Il Caravaggio

Parfois on aimerait, face à la violence du monde, qu’un garçon vous prenne dans ses bras et murmure : « Ça ira, je suis là, on connaîtra des jours meilleurs… »

mardi 31 mars 2015

Parcourir ta géographie





Cadenasser l'amour

Il y a quelques années je vis avec curiosité apparaître des cadenas accrochés sur le Pont des Arts à Paris. Je m'en suis beaucoup amusé : rien de tel qu'un peu de folie populaire pour agrémenter l'environnement d'une ville qui a tendance à se figer par l'excès de ses monuments, et où les seules interventions autorisées seraient celles des architectes ; ces derniers très jaloux en général de l'image de leurs œuvres au point de revendiquer parfois des droits de copie de toute image faite de leurs "gestes" (c'est ainsi que dans une terminologie contemporaine on utilise le terme pompeux de "geste architectural" pour désigner le dessin [design] d'un projet de bâtiment).

Paris, Le Pont des Arts (2011) - Photo Celeos


En quelques années, à Paris et dans de grandes villes du monde sont apparus ces cadenas. Certains s'en sont offusqués, car jugés incompatibles avec l'image que l'on se fait du "beau" patrimoine.

Paris, Passerelle Léopold Sédar Senghor (2015) - Photo Celeos

Un argument, imparable, contre ces cadenas, est celui du surpoids imposé à la structure des passerelles, mettant en danger les promeneurs. Je propose une solution : que les architectes intègrent, dès la conception de leur ouvrage, le fait qu'il sera chargé de milliers de cadenas, et que les matériaux utilisés soient aptes à résister à ce poids de l'amour.

Je conserve, quant à moi, l'idée qu'une cité est riche de toutes ses créations, et que ces cadenas constituent une part de l'art modeste, comme dirait Hervé di Rosa, un continuateur de Keith Haring, art modeste qui peut se réfugier n'importe où et n'a pas besoin d'être théorisé pour exister : il n'a pas de code, pas de forme, pas de couleur pas même de pérennité, cet évangile que l'on voudrait appliquer à tous les arts comme une sorte de fétichisme absolu.

Je ne suis pas sûr toutefois qu'il faille cadenasser l'amour, mais ces cadenas sont là justement pour rappeler la fragilité des sentiments, et que derrière ces petits objets de métal, il y a un désir d'éternité, celui de rendre inoxydables les baisers, la tendresse de ceux qui se sont enlacés sous les effets "d'un vent fripon".

Et derrière ces cadenas, il y a, je veux le croire, de l'amour entre des filles et des garçons, des filles et des filles, des garçons et des garçons...




lundi 30 mars 2015

Extension dans le domaine de l'eau



Thessalonique à l'heure nazie


Les persécutions des juifs à Thessalonique : les témoins racontent. Le document n'est pas sous-titré, mais les images, hélas, parlent d'elles-mêmes.




Episode cévenol

     Des Cévennes à la Grèce...


     De passage dans la vieille maison des Cévennes, j'ai laissé les objets parler entre eux.

Photo Celeos


      Le temps était blafard et la lumière, à l'extérieur, noyait le ciel.





Photo Celeos


     Dans une armoire, il y avait un mouchoir brodé, en soie, avec ces mots mystérieux :
Souvenir de Salonique
1917
entourés d'un croissant de lune et d'une étoile à cinq branches.


     J'ignore quel lointain grand père, quel oncle a fait alors le voyage jusque là-bas pour participer sans doute à "l'expédition de Salonique" et en a ramené ce mouchoir. L'objet gardera son secret, et aujourd'hui, dans ces Cévennes, il n'y a plus personne pour m'en parler.

     J'ai, quant à moi mes propres souvenirs de Thessalonique, qui est son nom actuel.


Un poste de surveillance des trains à la gare de Thessalonique - photo Celeos
Athènes reste une ville enivrante, agaçante, polluée, mais une ville envoûtante, où chaque rue révèle mille secrets, mille exotismes ; Thessalonique est une porte encore plus marquée vers l'Orient, et la présence ottomane se retrouve dans toutes les ombres de la ville.
Je crois que Thessalonique est une ville de mystère dont les chiens errants qui gardent la ville conservent la nature du secret.
Au loin se profile l'Olympe, souvent enneigé, où l'on s'imagine le festin des dieux, leurs courroux, leur perpétuelle ironie envers le monde d'avoir concédé à l'humanité quelques bribes de leurs connaissances, quelques vagues reflets de leur lumière, et la profonde obscurité de leurs pensées les plus noires.


Au loin, les montagnes de l'Olympe - photo Celeos


Le 18 août 1917, un immense incendie ravage la ville, et -
quel paradoxe ! pour une ville en bord de mer - aucune pompe ne peut être mise en marche pour éteindre rapidement les flammes. C'est le centre ville, où vivent les réfugiés, le quartier juif, - où sont installées là les très anciennes familles venues de l'exode espagnol, chassées par Isabelle la très catholique et son mari le roi Ferdinand, à la fin du XVe siècle, mais également tout une population très diverse -, des activités commerciales et administratives qui se retrouvent détruits.
70 000 personnes sont alors à la rue.

A partir de 1942, sous l'occupation de l'Allemagne, alors nazie, les persécutions et déportations commencent. Thessalonique, qui était une des principales ville juive du nord de la Méditerranée perd 98% de cette population juive, exterminée dans les camps de concentration.


dimanche 29 mars 2015

Ce déguisement d'automne...

...te va à ravir pour ce printemps. Es-tu sûr de ressembler vraiment au Dionysos du Caravage ? Pour ma part, je le trouve un peu kitsch. Oui, c'est vrai, tu sais que j'aime ça, mais n'en profite pas...




Un giorno per noi/Un temps pour nous

     N'en déplaise à certains vilains esprits, l'année 1968 vit paraître d'incroyables instants de pure poésie : tel fut le film de Franco Zefirelli, Romeo e Giulietta, servi par les magnifiques Olivia Hussey et Leonard Whiting dans les rôles-titres, accompagnés par la musique de Nino Rota Un giorno per noi.

     Le film remporta deux Oscars, l'un pour la photographie de Pasqualino De Santis, l'autre pour les costumes de Danilo Donati, qui fut l'un des très grands costumiers des réalisateurs italiens. C'est Danilo Donati qui réalisa les costumes pour l'Oedipe-roi de Pier Paolo Pasolini que j'ai évoqué dans Véhèmes voici quelque temps (ici).

     Les deux extraits ici présentés permettent d'apprécier la qualité du travail de cette magnifique réalisation, la musique de Nino Rota, que je ne vous ferai pas l'affront de présenter, et les sublimes Olivia Hussey et Leonard Whiting dont la beauté me laisse sans voix...









vendredi 27 mars 2015




Fais-moi penser...

...qu'il faut vraiment changer le rideau de douche (entre autres) !



Le sexe des anges

     La musique grecque est également représentée, à l'opposé de la variété, par le chant byzantin, qui aujourd'hui paraît un peu marginalisé en dehors des offices religieux orthodoxes. C'est bien dommage, car cette tradition musicale est d'une immense richesse.

     La tradition  religieuse interdit deux choses : les femmes et les instruments de musique. Aussi les voix d'hommes doivent-elles donner toute la nuance des sentiments exprimés. En arrière-plan, derrière la voix du chantre qui narre un épisode de l'évangile ou d'un moment particulier d'une vie des saints, le chœur appuie les passages les plus emblématiques du récit.

     Ici le chant raconte l'histoire de la Vierge Marie en reprenant le légendaire religieux fait pour nourrir l'imaginaire qui renforce la foi des croyants orthodoxes.

     La musique byzantine  trouve sa pleine expression dès le XIIe siècle, et fixe à ce moment là la notation musicale sous forme de neumes, notation particulière à l'Orient. Les neumes occidentaux, à la même période, sont présentés sous une forme assez différente. S'il s'agit bien d'une notation, la durée et la mesure sont relatives, et jamais rigides. L'image suivante en donne un exemple, où l'on peut lire le texte sous les neumes :


     Bien que le chœur appuie par un accompagnement harmonique en contrepoint la voix du chantre, il ne s'agit pas à proprement parler de polyphonie au sens occidental qui permettrait une écoute distincte de plusieurs lignes mélodiques. Ici le choeur de basses joue un rôle essentiellement harmonique pour donner à la voix du chantre tout son relief. Il est seulement repris en appui par une partie du chœur en répons.

     Le chant de la Vierge (Αγνί Παρθένα Δέσποινα) est ici interprété par l'Ensemble Vocal du Chantre Théodore Vassilikos. Il est chanté sur un rythme ternaire qui évoque les battements du cœur.

     Rajoutez un peu de fumée enivrante issue de la combustion des meilleurs encens, imaginez les icônes dorées d'un Christ Pantocrator en majesté, et non agonisant comme on le représente en Occident, et vous vous ferez peut-être une idée du voyage mystique que peuvent vivre encore certains moines du Mont Athos ou des monastères perchés dans les Météores :



Enjoy :

.

mercredi 25 mars 2015

Monte la lune au ciel*

*Auteur connu...



Arthur, Aden





Regrets d'Aden



Isabelle Rimbaud, Arthur Rimbaud mourant - 1891

Belle synthèse de l'actualité d'Arthur Rimbaud et ses rapports à Marseille par Jérémy Collado dans Slate.fr : ici

mardi 24 mars 2015

Introspection



Véhèmes soutient Erri de Luca

Le Supplément de Canal+ nous offre souvent de belles interventions le dimanche.
Je souhaite saluer le reportage consacré à Erri de Luca qui a rappelé - c'était nécessaire - la belle personnalité de cet écrivain italien.
Actuellement en procès en Italie, on lui reproche d'avoir dit que la ligne TGV Lyon-Turin doit être sabotée. Procès contre la liberté de parole, contre l'opinion selon laquelle cette ligne est absurde : un tunnel de 50 kilomètres de long doit être percé sous la montagne. Outre le coût faramineux d'une ligne qui ne sera jamais rentable, le percement de ce tunnel entraînera le bouleversement de la vallée de Suse et libèrera des poussières d'amiante qui empoisonneront toute la vallée jusqu'à Turin.
En dépit du fait que cette lutte contre la ligne TGV paraît hautement justifiée, l'inacceptable est ce procès pour avoir publiquement contesté le projet. On ne s'en étonnera pas : les sociétés du béton seront les vraies bénéficiaires de ces travaux d'Hercule inutiles. On ne connaît que trop les nombreux projets bétonniers payés par les contribuables et repayés plusieurs fois pour démanteler en fin de compte des travaux qui n'étaient que le délire mégalomaniaque de quelques technocrates.
Mais, au-delà du cas présent de la ligne TGV, l'absolu scandale est le procès d'opinion fait à Erri de Luca : nos sociétés sont devenus inquiétantes, où les mots apparaissent autant que des actes, pire que des actes.
Si l'Italie est un pays magnifique, généreux, hospitalier dans les manières de ses habitants, ses institutions semblent ne s'être jamais vraiment remises des "années de plomb", mais, en tout cas, très tolérantes aux positions d'extrême droite, xénophobes, homophobes.
De passage à Rome il y a quelque temps, j'y ai croisé des manifestations effrayantes dans lesquelles s'expriment les propos les plus rétrogrades, et notamment, portée par l'actuel leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini épaulé par le MSI, héritier du fascisme, la fameuse théorie du "remplacement", destinée à frapper les esprits : il s'agit de faire croire que, progressivement, les populations "autochtones" seraient remplacées par des populations immigrées et que la culture, le droit, etc. seraient alors mis en défaut par les pratiques culturelles des immigrés devenant majoritaires. Cette propagande ressemble fort à l'idéologie qui avait cours dans les années 1930, en France, en Allemagne. On ne sait que trop ce qui s'en est suivi.
Restons vigilants, et lisons et relisons Erri de Luca qui est un écrivain de très grand talent. Je termine actuellement la lecture de son roman Le jour avant le bonheur. J'en ferai une petite recension dans Véhèmes.

Celeos

Plus de précisions sur le mouvement NO-TAV dans Wikipédia : ici






Stelkaptisto.

Gejaj rakontoj en Esperanto, m'a fait l'amitié de traduire le conte que j'avais publié fin décembre dans Véhèmes, "Le pêcheur d'étoiles", qui devient Stelkaptisto en espéranto. C'est un beau cadeau, qui donne à ce conte un autre relief, comme à chaque fois qu'un texte est traduit et vit ainsi une nouvelle vie.



Un grand merci,

lundi 23 mars 2015

Slimslow

Mais ne te force pas : tu pourras changer de jean !


Hozier : Take me to the church

Andrew Hozier-Byrne, dit Hozier : Emmène moi à l'église

La vidéo de Take Me to Church est réalisée par Brendan Canty et publiée le 25 septembre 2013. Tournée en noir et blanc, elle suit la relation de deux hommes homosexuels, et les réactions violentes à caractère homophobe qui s'ensuivent lorsque la communauté apprend de l'un des amants l'homosexualité du couple. Hozier n'apparaît pas dans la vidéo.
À travers ce morceau, le chanteur souhaite défendre la cause homosexuelle et l'orientation sexuelle de chacun, en dénonçant le traitement de la communauté LGBT en Russie. Hozier déclare à propos de ce clip : « Cette chanson a toujours parlé de l'humanité dans ce qu'elle a de plus naturelle, et sur comment elle est constamment minée par les [organisations de] religieux et par ceux qui voudraient nous faire croire qu'ils agissent dans son intérêt. Ce qu'on a vu se développer en Russie n'est rien moins qu'un cauchemar, alors j'ai proposé d'amener ces thèmes dans l'histoire [de la chanson] et Brendan a aimé l'idée. »
Le clip vidéo est considéré par le magazine New York comme l'un des quinze meilleurs de l'année 2014. (source Wikipédia)




"Take Me To Church"


My lover's got humour
She's the giggle at a funeral
Knows everybody's disapproval
I should've worshipped her sooner

If the heavens ever did speak
She's the last true mouthpiece
Every Sunday's getting more bleak
A fresh poison each week

"We were born sick" you heard them say it

My church offers no absolutes
She tells me "Worship in the bedroom"
The only heaven I'll be sent to
Is when I'm alone with you

I was born sick
But I love it
Command me to be well
Aaay. Amen. Amen. Amen.

[Chorus 2x:]
Take me to church
I'll worship like a dog at the shrine of your lies
I'll tell you my sins and you can sharpen your knife
Offer me that deathless death
Good God, let me give you my life

If I'm a pagan of the good times
My lover's the sunlight
To keep the Goddess on my side
She demands a sacrifice

Drain the whole sea
Get something shiny
Something meaty for the main course
That's a fine-looking high horse
What you got in the stable?
We've a lot of starving faithful

That looks tasty
That looks plenty
This is hungry work

[Chorus 2x:]
Take me to church
I'll worship like a dog at the shrine of your lies
I'll tell you my sins so you can sharpen your knife
Offer me my deathless death
Good God, let me give you my life

No masters or kings
When the ritual begins
There is no sweeter innocence than our gentle sin

In the madness and soil of that sad earthly scene
Only then I am human
Only then I am clean
Ooh oh. Amen. Amen. Amen.

[Chorus 2x:]
Take me to church
I'll worship like a dog at the shrine of your lies
I'll tell you my sins and you can sharpen your knife
Offer me that deathless death
Good God, let me give you my life 
 
paroles sur  http://www.azlyrics.com
 

dimanche 22 mars 2015

Au son du koto...

...tu marchais souple et léger !


Voici un petit complément d'information sur le mystère du koto :
Le koto est un instrument de musique japonais à cordes pincées, de la famille des tympanons, que l'on rattache à la cithare et évoque parfois le phrasé de la harpe.
Voici l'un des morceaux de musique japonaise les plus connus : Sakura, par Fuyuki Enokido.
Le reste est affaire d'imagination...




Donizetti/Grigolo

Le beau Vittorio Grigolo, au puissant organe, interprète Gaetano Donizetti : 
L'Elixir d'amour, "Una furtiva lacrima".
Il manque juste la fin, et c'est bien dommage !
N'oubliez pas de l'écraser, cette larme, en pensant à lui (à elle, c'est selon).
Passez un bon dimanche, et ne secouez pas les arbres, ils sont en fleurs (dans le Midi, tout au moins) !



samedi 21 mars 2015

Laisse passer l'orage



Athènes : la vieille mosquée de Tzisdarákis

     Mosquées, églises, temples sont des lieux où les croyants devraient pouvoir rencontrer leur idée d'un être suprême dans l'apaisement et le souci de rendre ce monde meilleur. Vision bien idéale, hélas.

     Une nouvelle fois, on se retrouve dans l'horrible comptabilité des victimes de la semaine. Le Yémen et les Yéménites nous deviennent encore plus proches : je pense aussi à eux.



Tzisdarákis/Τζισδαράκης ca 1900

La Vieille Mosquée est aujourd'hui, au pied de l'Acropole d'Athènes, un petit musée des céramiques grecques, sur la place Monastiraki.

Ennio Moricone/Yo-Yo Ma

Yo-Yo Ma interprète Ennio Moricone qui avait écrit la musique du film The Mission
Palme d'or du festival de Cannes en 1986.



vendredi 20 mars 2015

Il m'avait demandé de repasser...




Querelle

     Rainer Werner Fassbinder adapta le roman de Jean Genet, Querelle de Brest dans un film qui sortit en 1982, l'année même de la mort de Fassbinder. Il s'agit d'une fresque de théâtre filmé, d'un baroque frisant le kitsch, où sont intégrés de nombreux codes de la culture homosexuelle. Je ne suis pas sûr qu'on retrouve vraiment Genet dans cette adaptation, mais Fassbinder a su en faire plutôt une sorte de spectacle de filiation, où se retrouve le thème central du marin assassin dans les amours interdites des voyous hantant des bars sordides. Le film a-t-il bien vieilli ? Ce n'est pas sûr, sauf si on adhère à la fantasmagorie propre à Fassbinder, et à des imageries plus germaniques, les thématiques restant celles de Genet.

     La belle voix de Jeanne Moreau enveloppe cet imaginaire (Each man kills the thing he loves). Brad Davis, connu grâce à Midnight express prête une très belle gueule à Querelle.

     On lira avec intérêt la critique de Nicolas Maille "Mauvaises vies" : clic




jeudi 19 mars 2015

Sous l'oeil d'Héra







Herbert List - 1949


Je suis Charlie

Note du 20 mars : en déplacement ces deux derniers jours, j'avais programmé ce billet sans imaginer l'atroce attentat meurtrier du Musée du Bardo à Tunis qui aurait également pu justifier le titre. Au-delà de la souffrance supplémentaire imposée aux blessés, aux familles des personnes assassinées encore une fois de manière barbare, il s'agit pour les thanatophores, de la famille des nazis et autres jouisseurs de mort, de refuser ce que les savoirs de l'histoire et de l'archéologie nous apprennent : la culture, dans sa diversité, réunit l'ensemble du genre humain, et les croyances, depuis la nuit des temps, sont une variable dont il est préférable de s'amuser et de rire.
Jean Genet rappelait que les Anciens Grecs ont été capables d'inventer des dieux et déesses de toute sorte, et de s'en moquer tout à la fois : ils ressemblaient tellement, alors, aux hommes, parés de tous les défauts !
La coïncidence d'avoir publié l'image de Charlie Chaplin me permet de rappeler l'un de ses plus grands films,  The Great Dictator, hymne à la tolérance et à la moquerie envers les petits et les grands chefs. L'attentat à Tunis nous affecte  tous, toutes. La réponse doit se traduire par un renforcement de la solidarité de toute nature avec nos amis tunisiens et la réaffirmation que seule l'éducation et la culture sont les véritables armes à opposer aux jouisseurs de mort.
Celeos


Charlie Chaplin - 1916








mercredi 18 mars 2015

Oh, reste !

Cet Oreste de Pierre et Gilles a été inspiré par deux œuvres : la sculpture de Pierre-Charles Simart (1839) et la peinture d'Alexandre Cabanel (1848).

 C'est le sportif Staiv Gentis qui a posé comme modèle.


Pierre et Gilles, Oreste - 2013
 

Le premier qui l'a dit

A voir sur la chaîne franco-allemande Arte ce mercredi 18 mars à 20 h 50 : Le premier qui l'a dit/Mine vaganti, de Ferzan Özpetek, 2010.

Les Cantone sont une famille bourgeoise d'industriels, propriétaires d'une fabrique de pâtes industrielles à Lecce dans les Pouilles. Le benjamin, Tommaso, vit habituellement à Rome et compte profiter d'une réunion familiale pour révéler son homosexualité et rompre ainsi avec l'avenir déterminé que lui réserve son père. Il se confie préalablement à son frère aîné, Antonio. Lors du dîner qui se déroule en compagnie de la famille Brunetti avec qui les Cantone sont en affaire, Antonio précède Tommaso pour révéler sa propre homosexualité ! L'aîné renié par le patriarche, la révélation ayant affecté la santé de son père, Tommaso se retrouve forcé de s'occuper des affaires familiales en compagnie de la charmante fille des Brunetti, Alba. C'est alors que son compagnon romain, Marco, lui rend visite à l'improviste avec quelques amis romains. (d'après Wikipedia)


mardi 17 mars 2015

Diogène


« Je cherche un homme ! »









Jean-Léon Gérôme, Diogène - 1860

Les gars de la Marine

1950 : le Coca Cola arrive en France


Fernando Botero, Testimonios de la barbarie

L'exposition de Fernando Botero, peintre colombien, s'est tenue au Musée d'art de Pachuca, au Mexique, en 2013 : Témoignages de la barbarie (en français dans le texte).



lundi 16 mars 2015

Tire ta tongue



Photo Anneliese Hilton

Tarentella

     Erik Reischl interprète La Tarentelle de Franz Liszt, composée en 1840 sous la dénomination de Tarentelle napolitaine et revue par l'auteur en 1860.

     A l'origine, la tarentelle est une danse et une musique au rythme rapide (binaire à 6/8) afin de permettre la transe et de guérir les fous, ceux qui étaient considérés comme ayant été piqués par la tarentule, la danse devant permettre d'évacuer le poison par les sautillements.

     Liszt a librement interprété dans sa partition la musique de la tarentelle.

     Après Liszt, et à titre de comparaison, l'Atrium musicae de Madrid, de Gregorio Paniagua, interprète une version traditionnelle de tarentelle napolitaine.

     Je reste persuadé que la pratique de la tarentelle devrait être imposée dans tous les lieux publics... Allons, commençons déjà ce lundi !








dimanche 15 mars 2015

Suédois

Ainsi, que penses-tu de la chaise Bernsjstül ?



Vive le doute !

Très belle vidéo de Tarsem Singh dont les références artistiques sont un vrai plaisir !
Après une semaine parfois agitée, que ce dimanche vous soit le jour du soigneur...


REM  Losing my religion


samedi 14 mars 2015

Beau gisant



Via Deviantart

Nan Goldin/Gilles Dusein/Gotscho

Gilles Dusein (1960-1993)
" Ce jeune galeriste parisien, unanimement reconnu pour son esprit visionnaire et novateur, a particulièrement influencé la connaissance de la photographie en France, en présentant l'œuvre non conventionnelle d'artistes de tous horizons, qui à présent, figurent au devant de la scène artistique internationale. Il fut le premier à exposer dans sa galerie Urbi et Orbi , à Paris, des artistes tels que Nan Goldin, Bernd et Hilla Becher, Zoé Léonard, ou encore Pierre Molinier, Raymond Petibon et Sylvie Fleury. Son importante collection privée est aujourd'hui en dépôt au MAMCO de Genève."


via www.photographie.com




Nan Goldin - Le baiser de Gotscho à Gilles Dusein sur son lit de mort - 1993
 La série de photographies de Nan Goldin est visible sur le site suivant :






Éric Allart reçoit GOTSCHO 

vendredi 13 mars 2015

Velours de premier choix




Igor Mitoraj


Igor Mitoraj Saint Jean-Baptiste - 2006

Pour Marie

Marie, voici un simple lis de mon jardin auquel le soleil et sa lumière ont donné une fragrance à nulle autre pareille. Qu'elle vous parvienne sans détour et vous soit bienfaisante.
Celeos (celeos@free.fr)

 

 " [...] and such sweet fragrance gave that all my friends were lovers... [...]" Leonard Cohen - "Ballad" in Let us compare mythologies, 1956.

jeudi 12 mars 2015

Gothique ?

Pleine lune et ruine d'une abbatiale gothique. Je crains le pire...


Fauve ≠ - Bermudes

     Du dernier disque de Fauve ≠, le titre "Bermudes".
     Le groupe (je déteste le terme "collectif" revendiqué par le groupe) trouve peu à peu sa voie. Néanmoins, s'il ne veut pas lasser son public, il doit aborder de manière plus franche ses influences, peaufiner ses textes, sortir d'une espèce de fausse spontanéité qui ne durera pas...
    Je les aime cependant ! Et je redis que la voix de Quentin m'est un vrai bonheur...


mercredi 11 mars 2015

Un rien de classe

« La légère froissure de votre col de chemise, celui relevé de votre veste n'ôtent rien à votre charme, lequel me fait fondre d'émoi. »
Eh, oui ! C'est ainsi que j'aime parler aux garçons, qui, je l'ai constaté, n'en attendent pas moins !


Sam Harwood

Constantin Cavafy/ Κωνσταντίνος Καβάφης

     Constantin Cavafy (1863-1933) est sans doute le plus grand poète grec moderne, né et décédé à Alexandrie, en Egypte. Un film de Yannis Smaragdis, Cavafy réalisé en 1996, retrace sa vie.

     Voici deux extraits du film . Il est possible de regarder l'intégralité du film en visionnant les séquences qui se suivent sur Youtube.

     Ici, la deuxième séquence, extraite de la fin du film, reprend le poème Ithaque.


mardi 10 mars 2015

Profil romain


Herbert List, Ostia - 1949

 

Rossini/Tortelier


     Le grand Paul Tortelier interprète ici, en 1986, quelques années avant sa mort, les Variations sur la corde de sol de Paganini,  arrangé pour le violoncelle, et adapté de l'opéra de Rossini, Moïse.  

     Il est accompagné par le Jerusalem Symphony Orchestra dirigé par Uri Segal.


lundi 9 mars 2015

Effets d'ombres et de miroir



George Platt Lynes - sans titre, non daté

Ma destinée



Victor Hugo

Victor Hugo, Ma destinée - 1867
Lavis d'encre noire et brune
Ink and brown-ink wash
© Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet



dimanche 8 mars 2015

Copinage italien

Photo Enrico Flickr
     En escapade pour quelques heures à Rome, une soirée très agréable passée au Coming out ponctuait une marche en solitaire à travers les rues du centre de la ville éternelle, toujours aussi plaisantes à arpenter. Comme je n'étais pas loin de Saint-Jean du Latran (San Giovanni in Laterano) mes pas m'ont ramené vers le Colisée où se trouve ce bar gay fort sympathique.

    J'ai aimé ce mélange d'italianité et du monde gay, et même si l'Italie n'est pas un pays où la lisibilité homosexuelle est la plus répandue, comme dans beaucoup de pays méditerranéens par ailleurs. L'ambiance Colisée-arc-en-ciel ajoute une note de fraîcheur dans ce quartier, devenu depuis longtemps une industrie touristique où des légionnaires romains antiques se font prendre en photo dans un mauvais goût qui détonne avec la majesté des vestiges romains...

     Chacun son folklore, et l'ambiance branchée du Coming out a de loin ma préférence.

Photo Enrico Flickr
     De plus les serveurs sont d'une amabilité absolue, et le sourire qui accompagne le service devrait inciter nombre de restaurants, romains ou français à s'en inspirer ! Si on rajoute que les prix pratiqués sont largement abordables, comparativement aux bars branchés parisiens, pas d'hésitation à avoir. Je n'en suis pas parti très tard : une autre journée m'attendais le lendemain, mais la nuit ne faisait que commencer et la douceur romaine avait attiré au dehors tout une faune de garçons et de filles plus agréables les uns que les autres...




 




Le Coming out se trouve au 8, Via San Giovanni in Laterano, 
00184 Roma.